La certification qualité n’est pas un coût, mais un investissement !

Dernière mise à jour : 19 septembre 2019

“Cette obligation de certification va tuer les petits.”

“Les petits n’auront pas les moyens de se payer une certification.”

“Le système de certification est fait pour les gros organismes.”

Nous pourrions écrire un livre avec toutes ces réflexions négatives sur l’obligation de certification qualité à laquelle tous les Opérateurs Prestataires d’Actions (concourant au développement) de Compétences devront se conformer à compter du 1ͤ ͬ janvier 2021 ; s’ils veulent pouvoir faire financer leurs actions de développement des compétences à l’aide de fonds publics ou mutualisés.

Rappelons tout d’abord que le nouvel acronyme OPAC désigne les différents acteurs intervenant dans les quatre catégories répertoriées à l’article L6313-1 du Code du Travail : “les actions de formation, les bilans de compétences, les actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience, les actions de formation par apprentissage.”

Les Organismes de Formation (catégorie 1 du L6313-1) ne sont donc pas les seuls concernés par cette obligation de certification au 1ͤ ͬ janvier 2021, puisque les trois autres catégories d’acteurs devront également s’y conformer. Cela est peu mentionné, mais l’introduction de ces trois champs d’intervention pourrait bien ouvrir de nouvelles possibilités de développement de leurs activités aux “petits prestataires”, souvent désignés par le terme de CFI, pour Consultants-Formateurs Indépendants, qui sont en même temps des Consultants-Formateurs Entrepreneurs, en micro-entreprise aussi bien qu’en EIRL, SARL ou SAS.

Il est bien entendu raisonnable de parler du coût de la certification, et de s’en inquiéter. Cependant, pour un chef d’entreprise, même auto-entrepreneur, il est assez peu rationnel de parler de coût sans envisager les possibles recettes afférentes à ce qui est en réalité un investissement.

Dans cette infographie, parue dans un article du ScanEco du Figaro paru le 19 janvier 2016, apparaissent les milliards d’euros qui ruissellent chaque année dans les caisses des OPAC, petits, moyens et grands.

Le fait générateur de l’obligation de certification, qui va s’imposer à partir de 2021 à tout OPAC, quelles que soient ses activités, unique ou cumulées, est la création d’un flux financier entrant dans ses comptes depuis l’une des sources de ce ruissellement, OPCO, État, Régions, Pôle Emploi, AGEFIPH…

Vous ne souhaitez pas apporter à vos clients la possibilité de faire financer les actions d’acquisitions de compétences que vous allez leur facturer ? Libre à vous. Vous démontrerez alors comme vous le pourrez et à qui voudra l’entendre que, bien sûr, vous travaillez aussi bien que les autres, voire beaucoup mieux. Cela ne vous aura rien coûté financièrement, mais certainement beaucoup plus en temps et en énergie -et donc en argent !- que si vous aviez investi dans une certification qualité. Choisir une certification qualité différente de celle basée sur le référentiel national de France Compétences, obligatoire seulementpour entrer dans le réseau public et paritaire d’irrigation financière de la Formation Professionnelle, restera donc possible, pour se démarquer de la concurrence. Vous pourrez certainement encore trouver des certifications pas chères, voire même des gratuites. Cela restera une option, sur le marché libre.

Un tel positionnement risquera de vous faire perdre bien des affaires, cela restera cependant votre liberté.

Dès lors, analyser le coût à venir de la certification obligatoire -mais qui ne l’est pas en réalité- est bien entendu légitime. Mais passer sous silence ce que cet investissement dans l’avenir et dans la qualité peut vous rapporter est intellectuellement malhonnête.

Au fond, ce qui est étonnant, c’est qu’il ait fallu attendre 2015 pour que commence de se mettre en place un début de système de contrôle qualité exigé par les financeurs envers les prestataires qui bénéficient des fonds publics et mutualisés de la Formation Professionnelle, alors que c’est une évidente nécessité quand on connaît le montant des sommes attribuées.

Les prestataires sont divers, petits, moyens, grands, monstres aux pieds d’argile. Tous sont sur la même ligne et doivent respecter les même règles. “Vous n’êtes pas un petit écrivain, vous êtes un écrivain, puisque vous écrivez !” disait Alain Mabanckou devant moi au salon du livre à un jeune homme qui lui demandait s’il pourrait lui envoyer son projet de roman pour avoir son avis de professionnel. C’est la même chose pour les OPAC : c’est votre Numéro de Déclaration d’Activité qui compte, pas votre taille !

En 2013, 66 362 OF avaient déclaré leur activité (source Jaune Formation 2017). Dès l’annonce de la parution du décret 2015-790 du 30 juin 2015, on avait entendu les mêmes plaintes, les mêmes accusations de volonté gouvernementale de tuer les petits. Cependant, à l’heure où j’écris ces lignes, la Liste publique des Organismes de Formation, mise à jour quotidiennement, contient 91 397 occurrences de prestataires en possession d’un NDA, soit une hausse de 37,42% par rapport à 2013 ! Les oiseaux de mauvais augure de 2015 sont de retour en ce printemps, malgré le cinglant démenti quotidien apporté à leurs sinistres prévisions par cette liste publique des OPAC déclarés.

Le meilleur conseil à suivre en 2019 est par conséquent de laisser dire. Et d’investir !

Vous pouvez retrouver le webinaire de CFS+ et du COFRAC du 9 mai 2019 en cliquant sur l’image ci-dessous. Merci.

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